La commémoration de l’Armistice

En Guadeloupe comme ailleurs, l’Armistice se commémore dans le respect des soldats, morts pour la France, et avec l’espoir de ne plus jamais revivre de telles horreurs. Mais, en Guadeloupe, peut-être plus qu’ailleurs, l’Armistice reste plus l’occasion de se souvenir de ces illustres héros et de ces anonymes oubliés.

Pour ne pas oublier

La commémoration de l’armistice de la 1ère guerre mondiale, le 11 novembre, mais aussi de celui du second conflit majeur du XXème siècle (1939-1945), le 08 mai, se concrétise en Guadeloupe, comme partout en France, par un jour férié, visant à rendre hommage aux victimes mais aussi pour ne plus revivre de telles atrocités. La commémoration de l’armistice est ainsi l’occasion de célébrer la lutte pour la démocratie et la liberté.

Même si la Guadeloupe était éloignée des champs de batailles, elle n’en a pas moins payé un lourd tribut, et la commémoration de l’armistice du 11 novembre reste l’occasion de se souvenir des 6603 guadeloupéens , mobilisés et partis défendre leur patrie. 1027 ne reviendront jamais. Ainsi, en cette célébration de l’Armistice, les monuments aux morts de Guadeloupe se fleurissent des dépôts de gerbe des autorités.

Vous découvrirez les traditionnels défilés, qui vous conduiront devant ces monuments à la gloire des Guadeloupéens disparus, et l’Armistice sera l’occasion pour l’archipel de se souvenir. A Pointe à Pitre, l’hommage rendu à Camille Mortenol, un héros guadeloupéen de la grande guerre, prend une dimension particulière, et une statue rappelle la mémoire de ce héros sur les quais de Pointe à Pitre.

Une partie de l’histoire de la Guadeloupe

La commémoration de l’armistice passe aussi par l’hommage à ces grands hommes, qui se sont illustrés au cours du conflit, et si Camille Mortenol en est peut-être le représentant le plus illustre, il en existe bien d’autres, que les communes de Guadeloupe célèbrent à travers leur monument aux morts, ou même par des édifices plus spécifiques.

Ce sera donc l’occasion, si vous séjournez en Guadeloupe, de découvrir à Pointe à Pitre, sur la place de la Victoire, le monument aux Morts, inauguré dès 1925. Vous y découvrirez la « Pleureuse », une représentation de la femme guadeloupéenne. Visitez aussi la commune des Abymes, et la représentation en sera encore plus caractéristique et typique. Les statues pleurent leurs enfants et leurs maris, sacrifiés au combat. La ville du Gosier célèbre elle l’armistice avec l’énumération de ses 58 enfants, morts sur le champ de bataille, et l’Armistice est l’occasion pour les Guadeloupéens d’entendre cette liste annuellement répétée.

L’armistice se fête en Guadeloupe, comme ailleurs, que ce soit pour la 1ère ou la seconde guerre mondiale, essentiellement par le souvenir, et permet de découvrir l’attachement particulier des Guadeloupéens à cette période de leur histoire.

La fête du travail

La fête du Travail marque, chaque année, un mois de mai propice aux jours fériés et donc à la découverte de nouveaux horizons. En Guadeloupe, la Fête du Travail, sans être ignorée, ne connaît pas un engouement comparable à la métropole.

Le mois de mai en Guadeloupe

La fête du travail marque, en Guadeloupe, comme sur le reste du territoire français, le début d’une période rythmée par les jours fériés, comme ce 1er mai, fête du Travail. La commémoration des évènements ayant conduit à cette reconnaissance des revendications ouvrières tient une place particulière en Guadeloupe, qui, en commémorant cette fête du travail, rend un hommage également à son histoire, caractérisé par l’esclavage.

Mais la fête du travail reste aussi, ici, la marque d’une saison propice à la découverte de l’île. Nous sommes dans la saison sèche, durant laquelle les Antilles connaissent un temps plus sec, avec une raréfaction des averses, de quoi profiter de tous les charmes de l’île. Avec 6 heures (5 heures en été) de décalage avec Paris, la Guadeloupe reste une destination particulière pour marquer notre attachement à cette fête du travail, en se souvenant que ces festivités prennent un tour particulier ici, puisque l’esclavage, aboli récemment (le 27 mai 1848), reste le prélude à ces commémorations.
Même si quelques défilés des traditionnels syndicats ont lieu, essentiellement à Pointe à Pitre, la fête du Travail ne connaît pas ici la mobilisation de la Métropole, mais se fête à la maison.

La fête du travail, une fête guadeloupéenne ?

Même si la Fête du Travail reste un jour férié et chômé obligatoire, elle prend moins de sens ici, puisque certaines associations de protection des coutumes guadeloupéennes se plaisent à rappeler qu’ils sont moins concernés que sur le continent.

La fête du Travail sera donc un jour comme les autres en Guadeloupe, à l’exception des magasins, qui auront tiré leurs rideaux. Ce sera l’occasion de découvrir les charmes et les atouts de l’île. La période se prêtera particulièrement à la découverte du parc naturel de la Guadeloupe, et plus précisément du parc zoologique et botanique des Mamelles. Ce dernier vous fera découvrir la faune et la flore, spécifique des Antilles, mais vous pourrez aussi y vivre une expérience originale : vous promener d’arbre en arbre, perché à plus de 10 mètres de hauteur, une autre manière de découvrir cette nature guadeloupéenne, mais aussi une autre manière de célébrer la Fête du Travail, qui décidément, ne mobilise pas la population locale.

Le Parc des Roches gravées en Guadeloupe

L’histoire de la Guadeloupe ne se limite pas à la seule période de la colonisation, qui nous est désormais connue. Le parc des roches gravées atteste d’une présence humaine bien antérieure à cette période.

Une histoire encore peu connue

Vous vous devrez, lors de votre séjour en Guadeloupe, de découvrir le Sud de la Basse Terre, qui abrite le parc des pierres gravées. Ce parc archéologique révèle bien l’histoire multi millénaire du peuplement sur cette île.

De toute les Antilles, la Guadeloupe est la région possédant le plus de pétroglyphes, dont le parc des Roches gravées tente d’expliquer l’origine. On sait que le peuplement de la Guadeloupe a commencé vers 4000 avant Jésus Christ, et les dernières campagnes archéologiques semblent confirmer que ces premiers guadeloupéens seraient d’origine vénézuélienne. Ils ont peut-être débarqué sur la Grande Anse, près de Trois Rivières et à proximité du parc des Roches gravées.
Néanmoins, les études attestent que le parc des roches gravées abrite les réalisations des Arawak, ce peuple amérindien, et on estime la date de leur réalisation à une période allant de 300 à 400 ans avant J.C. Ce parc des roches gravées reste la trace la plus spectaculaire du peuplement précolombien.

Une mise en valeur réussie

De telles traces se retrouvent un peu partout sur l’archipel guadeloupéen. Néanmoins, c’est dans le parc des roches gravées, que la concentration de ces vestiges reste la plus forte. Si vous visitez l’île de Marie Galante, rendez-vous à la grotte du morne RITA, qui conserve aussi les traces de cette présence amérindienne.

C’est en 1970, que la Société d’histoire de la Guadeloupe décida la création de ce parc des roches gravées, et il aura fallu de longs travaux pour que le parc puisse ouvrir ses portes au public en 1975. Entre temps, le site même a été classé monument historique (1974).
Le parc des roches gravées est ouvert tous les jours de 8h30 à 17h00, et vous y accéderez en empruntant la RN 1. Vous y découvrirez des représentations un peu naïves et très schématiques, caractéristiques de l’art amérindien en général, et des arawak en particulier. Vous serez guidés dans votre découverte par des informations détaillées, apportées par des panneaux signalétiques judicieusement placés tout au long de votre parcours.
La visite du parc des roches gravées terminée, vous pourrez profiter du reste de la journée pour découvrir la Grande Anse, ou encore la commune de Vieux – Fort, la vigie de l’extrême pointe Sud de la Guadeloupe, et vous y verrez peut-être le chemin emprunté, il y a plusieurs siècles, par les Arawaks.

Le parc des Mamelles

Situé en plein cœur du parc national de la Guadeloupe, le parc des Mamelles se trouve à une trentaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre. Il s’agit en fait d’un vaste jardin zoologique et botanique qui se veut 100 % naturel. Rien à voir avec un zoo. Ce site de 2,5 hectares à pour vocation d’accueillir, dans un environnement privilégié, les espèces animales et végétales propres à la forêt tropicale humide. On y trouve aussi quelques spécimens d’animaux sauvages de la forêt guyanaise.

L’argent collecté grâce aux nombreux visiteurs qui découvrent le parc des Mamelles permet bien évidemment l’entretien du site, mais également de contribuer au financement d’initiatives en faveur de la sauvegarde et de la protection des animaux. Le parc des Mamelles procède d’ailleurs au repeuplement de certaines espèces en relâchant ponctuellement des animaux en voie de disparition au beau milieu de la nature.

Cette préoccupation environnementale est l’atout majeur du site. Aussi, la place laissée aux animaux est importante au cœur du parc des Mamelles. On peut y croiser pas moins de 250 espèces différentes, parmi lesquelles des singes verts, des iguanes, des hérons, des mangoustes, toute une colonie de ratons-laveurs, et même, depuis peu, des jaguars. Les chauves-souris ont, quant à elles, leur grotte, toute naturelle, dédiée, tout comme les insectes que l’on peut voir s’activer derrière les vitres d’un immense vivarium. De très nombreux oiseaux multicolores sont eux bien à l’abri derrières leurs volières géantes.

Côté flore, les visiteurs découvrent, en parcourant le parc des Mamelles, toutes sortes d’orchidées sauvages, des fougères arborescentes, ou encore ces magnifiques fleurs colorées appelées oiseaux du paradis. Autre originalité : la présence de ponts suspendus. Juché à plus de 20 mètres de haut, on a une vue imprenable sur toute cette végétation et, ce qui est assez inhabituel, sur la cime des arbres. Ce parcours appelé « la Canopée » est sans danger et accessible à tout âge.

Le site du parc des Mamelles est donc un paradis pour les grands comme pour les petits. Pour ces derniers, des animations sont mises en place, comme l’organisation d’ateliers pédagogiques permettant de mieux comprendre la faune et la flore guadeloupéenne. Les familles peuvent d’ailleurs passer la journée sur le site, un espace restauration est même prévu. L’intérêt du parc des Mamelles est qu’il propose des circuits en fonction des intérêts de chacun. Il suffit de s’informer à l’entrée. Quel que soit le parcours choisi, le parc zoologique et botanique guadeloupéen offre à ses visiteurs une journée instructive sur l’univers de la forêt tropicale.

Le parc de la Soufrière

C’est le point de plus haut de toutes les Petites Antilles. Le parc de la Soufrière, au sud de l’île de Basse-Terre, culmine, avec le volcan du même nom, à 1 467 mètres au dessus du niveau de la mer. Autre spécificité, c’est l’un des endroits les plus frais de la Guadeloupe, avec une température qui dépasse rarement, voire jamais, les 22 degrés, une brume quasi permanente et des petites pluies récurrentes. Par temps dégagé, la vue est imprenable. Depuis le sommet dit de la « découverte », on peut apercevoir toutes les îles alentours : la Désirade, les Saintes, Marie-Galante, etc. Un panorama qui récompense la marche de 1h30 à 2h00 nécessaire pour grimper jusque là.

Outre le cratère du volcan, familièrement appelé « La Vieille Dame », toujours en activité et dont des vapeurs sulfureuses s’échappent encore, le parc de la Soufrière permet de découvrir des paysages assez lunaires, avec des reliefs étranges formés par la lave séchée, d’autres volcans, plus petits, et de nombreux sites comme celui dit des Bains Jaunes, où l’on peut se baigner dans un petit bassin d’eau qui est toujours à 26 degrés. A voir également, l’ancien cratère de la Citerne et son petit étang, ou encore le site, balayé par les vents, de la Savane à Mulets.

Bien évidemment, le parc de la Soufrière est un paradis pour les randonneurs, avec ses très nombreux sentiers balisés, notamment au départ de l’entrée du parc, au nord de Saint-Claude. Il est recommandé, pour les marcheurs occasionnels, de se munir de chaussures de sport, d’un chapeau et d’un vêtement de pluie. De plus, quelques chutes de pierres ou des glissements de terrain peuvent parfois survenir. Bien évidemment, compte tenu de ce contexte, des guides sont imposés pour la plupart des visites et des panneaux indiquent, tout au long des parcours, les conseils de prudence élémentaires et les conduites à tenir en cas de danger. Certains sites du parc de la Soufrière sont d’ailleurs fermés au public depuis le dernier séisme, comme la cascade Vauchelet ou celle du Saut de la Lézarde.

Parmi les petits animaux que l’on peut rencontrer sur le parc de la Soufrière, il y a toutes sortes de libellules, des papillons, de très rares escargots, mais également la mygale de la Soufrière, espèce endémique sur l’île ou la grenouille hylode de Barlagne. Côté flore, on trouve de nombreux broméliacées et différentes sortes d’orchidées. Tous les sens sont en éveil sur le site du parc de la Soufrière… où l’on peut même percevoir l’odeur du soufre.

Découvrir la Mangrove

La mangrove couvre quelque 8 000 hectares de superficie sur l’île de la Guadeloupe. Elle fait aujourd’hui l’objet de soins attentifs, notamment parce qu’elle abrite une végétation et une faune exceptionnelles, mais également parce qu’elle participe à l’écosystème général. Le réchauffement de la planète a un effet néfaste car les berges sont de plus en plus immergées et l’eau gagne du terrain. Pour la protéger plus encore, en 2009, près de la moitié, soit près de 4 000 hectares de mangrove, sont devenues une entité du parc national.

Où se trouve la mangrove sur l’île de la Guadeloupe ? Principalement au niveau du Grand et du Petit Cul de Sac Marin. C’est là que l’on peut découvrir cette vaste zone marécageuse, cette grande forêt littorale qui a toujours les pieds dans une eau douce ou saline. Cette particularité entraîne bien évidemment la présence d’une végétation très spécifique. Dans la mangrove, le palétuvier, qu’il soit rouge, noir ou blanc, domine en maître tout puissant. Les racines de ces arbres, immergées ou émergées, s’enchevêtrent les unes aux autres offrant un spectacle naturel splendide.

Outre sa flore très spécifique, la mangrove guadeloupéenne est également caractéristique pour sa faune. Ici se développent et se reproduisent toutes sortes de crabes, que les pêcheurs viennent d’ailleurs capturer à l’occasion des grandes fêtes de Pâques, des petits mammifères, des huîtres, des crevettes, des mollusques, des petits poissons et même des langoustes. Les oiseaux sont également très nombreux : rouge-gorge, paruline jaune, pic de la Guadeloupe, pélicans, et bien d’autres comme le noctilion pêcheur.

C’est en bateau que l’on peut découvrir la mangrove guadeloupéenne. Des experts locaux proposent des excursions à la journée pour découvrir le site, montrer la faune et la flore. Compter à partir de 60 euros la journée, repas compris. Il est recommandé d’emmener son maillot de bain, un chapeau, de la crème solaire et un produit anti-moustiques. Plus intense et sportif, on peut également découvrir la mangrove à l’occasion d’une journée de kayak. Prévoir au minimum 50 euros par personne.

Plus récemment, dans le souci de préserver plus encore cette mangrove si importante pour, entre autres, filtrer les eaux, une nouvelle offre touristique dite « durable » s’est organisée. De fait, les visiteurs peuvent découvrir le site en VTT de mer, totalement silencieux et absolument pas polluant. De même, il est possible de faire une bonne action en procédant à une opération de replantation de la mangrove.

La pratique de l’escrime

L’escrime n’est certes pas le premier des sports pratiqués à la Guadeloupe. En tenant compte du nombre de licenciés, il arrive bien après le football, activité reine, le tennis ou l’athlétisme. Pourtant, c’est bien sur l’île qu’est né ce sport, très précocement, grâce au rôle majeur joué par le Chevalier Saint-George. C’est à son époque, à la fin du XVIIIe siècle, que naît l’escrime guadeloupéenne. Ce militaire et musicien a une autre corde à son arc : il réalise des prouesses à l’escrime et est entrainé par le maître d’armes Nicolas Texier de la Boëssière. Très précocement, dès 15 ans, Saint-George s’illustre au fleuret, contre des adversaires bien plus aguerris. Cette fine lame a laissé une trace dans l’histoire de l’île et a même donné son nom au cercle d’escrime de Gosier.

Pour autant, l’escrime ne connaît pas un réel essor sur l’île. Il va falloir que cette discipline fasse partie des épreuves olympiques pour qu’elle se développe. Le premier championnat panaméricain d’escrime, permettant de faire s’affronter les meilleurs escrimeurs du bassin caribéen, ne date que de 1985, à l’initiative du président de la ligue d’escrime de la Guadeloupe de l’époque. Désormais, épées, sabres et fleurets sont les rois des compétitions.

Surtout, ce sont les prouesses des compétiteurs guadeloupéens, dans les grandes épreuves olympiques, en équipe ou en individuel, qui vont avoir une valeur d’exemplarité. Les victoires successives de Laura Flessel, entre autres, suscitent des vocations parmi les jeunes guadeloupéens et permet de voir augmenter le nombre de licenciés en escrime. Pourtant, lorsque la championne débute dans cette discipline, dans les années 1970, il n’y avait qu’un seul maître d’arme au club de Petit-Bourg et les entraînements avaient lieu dans une salle des fêtes. Autant dire que l’escrime guadeloupéenne a bien changé, elle s’est rapidement structurée et professionnalisée.

Aujourd’hui, les champions d’escrime originaires de l’île sont nombreux. Enzo Lefort, Anita Blaze, Laure Barbin, Mélissa Goram sont parmi les jeunes tireurs guadeloupéens les plus prometteurs. Ysaora Thibus est sextuple championne de France de fleuret ! Et le champion Antilles-Guyane 2011, catégorie Benjamin, est également guadeloupéen. Il s’agit de Luidgi Midelton. Tous ont fait leurs premières armes dans les grands clubs de l’île : cercle des escrimeurs pointois, de Petit-Bourg, de la Côte sous le vent, etc.

Et la volonté de pousser plus haut encore les couleurs de l’escrime est présente ! Preuve en est, à l’occasion des derniers championnats de Guadeloupe des jeunes, la ligue d’escrime guadeloupéenne a pris l’initiative d’organiser une journée de présentation de la discipline… pour la promouvoir bien évidemment.

Le Lundi de Pâques en Guadeloupe

Les vacances de Pâques seront l’occasion de découvrir la Guadeloupe sous son meilleur jour, et le Lundi de Pâques marquera, dans cette découverte, le partage des retrouvailles des Guadeloupéens. Un moment de grande convivialité.

Une fête traditionnelle

Le Lundi de Pâques, en Guadeloupe comme ailleurs, marque la fin de la période pascale. Fête d’obligation pour le Saint Siège (c’est-à-dire que la fête doit être célébrée), Pâques reste un moment fort dans la liturgie chrétienne. Le Lundi de Pâques clôture donc une période qui s’est ouverte quelques 41 jours plus tôt avec le Mercredi des Cendres.

Si vous séjournez en Guadeloupe à cette occasion, vous y ressentirez la ferveur des Guadeloupéens. Avant ce Mercredi des Cendres, prélude à un Carême austère et privatif (la période entre le Mercredi des Cendres et Pâques reste une période, faite de jeûne, de privations et d’ascèses, dans la religion catholique), la Guadeloupe toute entière a « fait le plein d’énergie » en célébrant avec faste le Carnaval (En Guadeloupe, le Carnaval, très développé, se clôture non pas le soir du Mardi Gras mais le soir du mercredi des Cendres).

Férié, le Lundi de Pâques est donc l’occasion de se retrouver après cette période célébrant la résurrection du Christ. Comme en Alsace et Moselle, le vendredi saint reste un jour chômé sur l’île, et ce sont donc 4 jours (depuis le vendredi saint jusqu’au Lundi de Pâques) qui sont offerts aux Guadeloupéens pour célébrer cette fin de carême.

Une fête adaptée à la Guadeloupe

Vous vivrez les préparatifs de ce long week-end du Lundi de Pâques. Les habitants vous emmèneront ainsi pour poser des pièges dans les mangroves, afin d’y attraper les crabes de terre. Les crustacés seront alors nourris, des semaines durant, de pommes de terre, mais aussi de tomates et / ou de carottes.

Car Pâques, même si c’est toujours ici une fête chrétienne, reste pour les habitants de l’île un moment de rassemblement de la famille, des amis etc. Ainsi, le week-end, qui se clôturera par le Lundi de Pâques, est l’occasion de rassemblements. Et, comme la météo apparait plus que clémente à cette époque, c’est tout naturellement au bord de l’eau que les Guadeloupéens se rassembleront.

C’est pourquoi sur les plages chaudes de Guadeloupe, ou encore le long des rivières, des tentes apparaissent afin d’accueillir ces réunions. Invitez-vous à ces rassemblements, et vous comprendrez en quoi les retrouvailles de Pâques restent un moment fort dans l’année de l’île. Les crabes peuvent alors être préparés pour que, le Lundi de Pâques, soit servi à tous les convives, le plat traditionnel de Pâques : le Matété.

L’athlétisme

S’il est un sport roi à la Guadeloupe c’est bien l’athlétisme. D’ailleurs, l’île a sa ligue officielle depuis novembre 1960, signe d’un intérêt réel pour l’athlétisme. Depuis 2005, le Grand prix annuel d’athlétisme de la région Guadeloupe est également organisé chaque année et représente désormais un rendez-vous important de préparation pour les événements majeurs à l’échelle internationale. Dernière édition en date, celle de mai 2011, sur le stade de Baie-Mahault, avec la présence de champions venus du monde entier.

Sprints sur 100m, 200m, 400m, 800m, saut de haies, haies-basses, demi-fond, saut en longueur, lancer de poids, de javelot, course sur route, marches athlétiques, etc., toutes les disciplines de l’athlétisme sont pratiquées, notamment dans des clubs très connus comme le Juventus de Saint-Anne ou le Gosier Athletic club.

C’est d’ailleurs de Guadeloupe que sont originaires la plupart des grands champions français d’athlétisme. A commencer par Marie-José Pérec, championne du monde en 1991 sur 400 mètres, championne olympique en 1992 aux JO de Barcelone. C’est la première médaille d’or d’olympique remportée par un sportif guadeloupéen ! Autres grands noms de l’athlétisme, Christine Arron, célèbre sprinteuse, ou encore Patricia Girard, championne d’Europe du 60m haie (en salle) en 1996. Elle s’est également illustrée aux JO d’Atlanta, en 1996, en montant sur la 3e marche du podium, avant de se faire remarquer au relais 4x100m aux championnats du monde d’athlétisme de 1999. Plus récemment, en 2011, aux championnats de France élite, à Albi, c’est la guadeloupéenne Johanna Danois qui a décroché la 3e place, sur l’épreuve du 200m.

Si du côté féminin l’athlétisme guadeloupéen est bien représenté, les messieurs ne sont pas en reste. Le premier champion connu sur la scène internationale sera Maurice Carlton qui réalise des prouesses aux jeux olympiques de Berlin en 1936. Mais les amateurs n’ont pas oublié le nom de Roger Bambuck, huit fois champion de France et deux fois champion d’Europe, et qui a été secrétaire d’état à la Jeunesse et au sport de 1988 à 1991. Et dernièrement, c’est Fabrice Thiery, originaire de Pointe-à-Pitre, qui a décroché la médaille d’or au championnat du monde 2011 de cross-country, sur une distance de 8 km. Le détenteur du record de France de lancer de disque est également originaire de l’île. Il s’agit de Jean-Claude Retel, qui participera d’ailleurs aux JO de Londres en 2012.

Le goût du sport est très présent en Guadeloupe, ce qui explique ce succès dans toutes les épreuves d’athlétisme, et ce, depuis la fin du XIXe siècle, avec la mise en place de politiques de santé publique prônant la nécessité de faire du sport, suivi par l’action du gouverneur Félix Eboué, au XXe, convaincu de l’importance du rôle social joué par le sport. Depuis lors, les sportifs guadeloupéens s’illustrent dans toutes les compétitions nationales et internationales, y compris les athlètes concourant dans les épreuves de handisport.

Le parc de la Pointe des châteaux

Direction l’extrême Est de Grande Terre, à proximité de la plage des Salines, pour le parc de la Pointe des Châteaux. Ici, les amateurs de paysages sauvages, de mer déchainée, de grandes vagues, de côtes rocheuses déchiquetées et de falaises aux formes somptueuses, façonnées par le vent, sont comblés. Le panorama est tout à fait grandiose et permet même, par temps dégagé, de voir au loin la Désirade. Il faut toutefois escalader la grande Croix jusqu’à la pointe de Colibris pour avoir la chance d’apercevoir l’île. Certains prétendent que ce site a un petit côté breton, proche de la pointe du Raz. Plutôt pittoresque sur les îles des Caraïbes !

Les amateurs de Saint-John Perse auront la surprise de lire quelques vers du poète près de la croix, sur la table d’orientation. Une autre particularité du parc de la Pointe des Châteaux. Il faut par ailleurs savoir que ce dernier tient son nom des étonnants reliefs, en forme de châteaux, qui jalonnent le littoral.

C’est un parc naturel propice à la promenade et à de belles photos. D’ailleurs, près de 500 000 personnes découvrent ce site chaque année. Gare à la baignade en revanche sur le parc de la Pointe des Châteaux. La mer est houleuse et nager dans les eaux profondes, ballotés par les courants marins, est risqué. D’autres plages, bien plus calmes, se trouvent à proximité.

Sur le parc de la Pointe des Châteaux, on peut découvrir, outre la beauté des paysages naturels, des espèces rares de faune et de flore. Il y aurait plus de 80 espèces d’oiseaux présentes sur le site et plus de 200 espèces végétales, certaines très rares, voire endémiques. Il est bien évidemment interdit de pratiquer la cueillette ou de détériorer ce site, aujourd’hui classé parmi les 32 sites nationaux français. Il est géré par l’ONF (Office national des forêts) et par le conservatoire du littoral depuis 1997. Depuis lors, il est formellement interdit de se rendre en voiture sur le parc de la Pointe des Châteaux. Les véhicules sont tenus de se garer au village des Gallets.

Des navettes sont ensuite mises à disposition pour parcourir les 2,5 km restants avant d’arriver sur le site.

Aujourd’hui le parc de la Pointe des Châteaux est donc placé sous étroite surveillance et cherche à favoriser l’épanouissement d’un tourisme plus respectueux de l’environnement. Des visites avec des experts et des géologues sont organisées, des panneaux d’informations sur la végétation et l’archéologie délivrent des informations utiles pour mieux comprendre l’environnement. Des sentiers pédestres balisés ont été mis en place et le parc de la Pointe des Châteaux envisage même d’organiser des randonnées en VTT, voire à cheval.